Guide Complet du Crédit à la Consommation en France : Ce Que Vous Devez Savoir Avant d’Emprunter
Le crédit à la consommation représente un outil financier couramment utilisé par les ménages français pour financer leurs projets personnels. Selon la Banque de France, l’encours total des crédits à la consommation en France s’élève à plus de 190 milliards d’euros, concernant environ un tiers des foyers français. Comprendre le fonctionnement de ces crédits, leurs avantages et leurs risques est essentiel pour prendre des décisions financières éclairées.
Qu’est-ce que le crédit à la consommation ?
Le crédit à la consommation est un prêt accordé par un établissement financier à un particulier pour financer l’achat de biens ou de services, à l’exception de l’immobilier. Il est encadré par les articles L312-1 et suivants du Code de la consommation français, qui protègent les emprunteurs.
Les différents types de crédit à la consommation
Le prêt personnel (crédit non affecté)
Le prêt personnel offre une liberté totale d’utilisation des fonds. Vous recevez l’argent sur votre compte bancaire et l’utilisez comme bon vous semble, sans justification à fournir à l’organisme prêteur. Cette flexibilité en fait le crédit le plus demandé en France.
Caractéristiques principales : montants généralement compris entre 3 000€ et 75 000€, durées de remboursement de 12 à 120 mois, taux d’intérêt fixe défini à la signature, mensualités constantes pendant toute la durée du crédit.
Le crédit affecté
Ce type de crédit est lié à un achat spécifique : automobile, travaux, électroménager, mobilier. Le prêteur verse les fonds directement au vendeur ou prestataire. L’avantage majeur réside dans la protection juridique : si la livraison n’a pas lieu ou si le bien est non conforme, le crédit peut être annulé sans frais selon l’article L312-55 du Code de la consommation.
Les taux du crédit affecté sont souvent légèrement inférieurs au prêt personnel car le risque pour le prêteur est moindre.
Le crédit renouvelable (revolving)
Également appelé crédit permanent ou réserve d’argent, ce crédit met à disposition une somme que vous pouvez utiliser librement. Au fur et à mesure des remboursements, le montant disponible se reconstitue. Les taux d’intérêt sont généralement plus élevés que les autres formes de crédit (souvent entre 8% et 21% selon les organismes).
Attention : la loi Lagarde de 2010 et la loi Hamon de 2014 ont renforcé l’encadrement du crédit renouvelable suite aux problèmes de surendettement qu’il peut générer. Pour tout achat supérieur à 1 000€, le vendeur doit obligatoirement proposer une alternative au crédit renouvelable.
Le crédit gratuit
Proposé par certains commerçants, il permet de payer en plusieurs fois sans intérêt. C’est véritablement un crédit à 0% si aucun frais de dossier n’est facturé. Vérifiez toujours que le prix total payé en plusieurs fois est identique au prix comptant.
La location avec option d’achat (LOA)
Principalement utilisée pour les véhicules, la LOA permet de louer un bien avec possibilité de l’acheter en fin de contrat moyennant le paiement d’une valeur résiduelle. Juridiquement, ce n’est pas un crédit mais une location, ce qui modifie certains aspects fiscaux et comptables.
Comment fonctionne le processus de demande ?
L’étude de votre dossier
Les établissements financiers analysent plusieurs critères pour évaluer votre capacité de remboursement :
Vos revenus réguliers : salaires, pensions de retraite, revenus fonciers, allocations. Les prêteurs privilégient la stabilité et la régularité des ressources.
Votre taux d’endettement : ratio entre vos charges de crédit (toutes mensualités confondues, crédit immobilier inclus) et vos revenus nets. La limite généralement acceptée est de 33% à 35%, bien que ce ne soit pas une obligation légale stricte mais une pratique bancaire courante.
Votre reste à vivre : montant disponible après déduction de toutes vos charges fixes (loyer ou crédit immobilier, crédits en cours, pensions alimentaires, impôts). Ce reste à vivre doit permettre de couvrir les dépenses courantes du foyer.
Votre historique bancaire : consultation obligatoire du FICP (Fichier des Incidents de remboursement des Crédits aux Particuliers) tenu par la Banque de France. Un fichage FICP entraîne généralement un refus automatique.
Votre stabilité professionnelle : ancienneté dans l’emploi, type de contrat (CDI, CDD, fonctionnaire, indépendant). Un CDI avec plusieurs années d’ancienneté est le profil le plus favorablement considéré.
Les documents justificatifs habituellement demandés
Pour constituer votre dossier, vous devrez généralement fournir :
- Pièce d’identité en cours de validité (carte nationale d’identité, passeport ou titre de séjour)
- Justificatif de domicile de moins de 3 mois (facture d’électricité, de gaz, de téléphone fixe, quittance de loyer, avis de taxe d’habitation)
- Justificatifs de revenus selon votre situation : trois derniers bulletins de salaire pour les salariés, dernier avis d’imposition, relevés de pension pour les retraités, bilans comptables ou avis d’imposition professionnels pour les travailleurs indépendants
- RIB (Relevé d’Identité Bancaire) de votre compte principal
- Éventuellement : justificatifs de vos crédits en cours (tableaux d’amortissement, attestations de solde)
Les délais de traitement
Les délais varient selon les organismes et la complexité du dossier. Pour un prêt personnel standard, comptez généralement entre 48 heures et 10 jours entre le dépôt du dossier complet et la décision finale.
Les plateformes en ligne tendent à accélérer le processus grâce à l’automatisation de certaines étapes d’analyse, avec des réponses de principe parfois délivrées en quelques heures.
Le TAEG : l’indicateur essentiel à comprendre
Le TAEG (Taux Annuel Effectif Global), anciennement appelé TEG, est l’indicateur légal permettant de comparer objectivement différentes offres de crédit. Il est obligatoirement mentionné dans toute publicité et offre de crédit selon la directive européenne 2008/48/CE transcrite en droit français.
Ce que le TAEG inclut
Le TAEG intègre tous les coûts liés au crédit :
- Le taux d’intérêt nominal (le coût pur de l’argent emprunté)
- Les frais de dossier obligatoires
- Les frais de garantie éventuels
- Le coût des assurances obligatoires imposées par le prêteur
- Les frais d’évaluation du bien pour un crédit affecté
- Tous autres frais obligatoires pour obtenir le crédit
Ce que le TAEG n’inclut pas
- Les assurances facultatives (même si fortement recommandées par le prêteur)
- Les pénalités de retard en cas d’impayé
- Les frais de remboursement anticipé éventuels
- Les frais notariés (pour certains types de garanties)
Les taux du marché en 2026
Les taux varient considérablement selon le montant emprunté, la durée, votre profil et l’établissement prêteur. À titre indicatif, les fourchettes de taux généralement constatées :
Pour les prêts personnels standards : entre 2,5% et 9% de TAEG selon les profils et montants. Les meilleurs taux sont réservés aux profils excellents (CDI stable, revenus confortables, aucun incident bancaire, endettement faible) et aux montants moyens à élevés (15 000€ à 40 000€).
Pour les crédits affectés automobiles : entre 2% et 7% de TAEG. Les constructeurs proposent parfois des financements promotionnels à taux réduits.
Pour les crédits renouvelables : entre 8% et 21% de TAEG. Ces taux élevés reflètent le risque plus important pour le prêteur et la souplesse d’utilisation.
L’Observatoire des Crédits aux Ménages publie trimestriellement les taux moyens constatés en France, consultables sur le site de la Banque de France.
Vos droits en tant qu’emprunteur
La législation française protège fortement les consommateurs en matière de crédit. Voici vos principaux droits :
Le délai de rétractation de 14 jours
Selon l’article L312-19 du Code de la consommation, vous disposez d’un délai de 14 jours calendaires à partir du lendemain de la signature du contrat pour vous rétracter sans motif, sans justification et sans pénalité financière.
Ce délai est incompressible et s’applique à tous les crédits à la consommation. Pour exercer ce droit, vous devez envoyer le formulaire de rétractation (obligatoirement joint au contrat) par courrier recommandé ou par voie électronique selon les modalités indiquées dans le contrat.
Si les fonds ont déjà été versés, vous devez les restituer dans les 30 jours sans payer d’intérêt.
Le droit au remboursement anticipé
Vous pouvez toujours rembourser votre crédit par anticipation, en totalité ou partiellement (article L312-34 du Code de la consommation). L’établissement prêteur peut appliquer des indemnités de remboursement anticipé (IRA), mais celles-ci sont strictement plafonnées :
- Si le montant remboursé par anticipation dépasse 10 000€ : indemnité maximale de 1% du capital remboursé si la durée résiduelle du crédit est supérieure à 12 mois, ou 0,5% si elle est inférieure à 12 mois
- Si le montant remboursé est inférieur à 10 000€ : généralement aucune indemnité n’est appliquée dans la pratique
La fiche d’informations précontractuelles
Avant la signature, le prêteur doit obligatoirement vous remettre une fiche standardisée européenne d’informations (SECCI) détaillant toutes les caractéristiques du crédit : montant, durée, TAEG, montant total dû, modalités de remboursement, coût des assurances facultatives, etc.
Prenez le temps de lire attentivement ce document. Il constitue une base de comparaison objective entre différentes offres.
Le droit à l’information sur le FICP
Si vous êtes inscrit au Fichier des Incidents de remboursement des Crédits aux Particuliers, vous avez le droit d’être informé de cette inscription et de consulter gratuitement votre dossier auprès de la Banque de France. Vous pouvez contester une inscription erronée.
La protection contre le démarchage abusif
La loi encadre strictement le démarchage pour les crédits. Les pratiques commerciales agressives sont interdites. Vous n’êtes jamais obligé de souscrire un crédit proposé lors d’un démarchage téléphonique ou à domicile.
L’assurance emprunteur : facultative mais recommandée
Contrairement au crédit immobilier, l’assurance emprunteur n’est pas légalement obligatoire pour un crédit à la consommation. Cependant, elle offre une protection importante.
Les garanties généralement proposées
Garantie décès : En cas de décès de l’emprunteur, l’assurance rembourse le capital restant dû, protégeant ainsi les héritiers.
Garantie PTIA (Perte Totale et Irréversible d’Autonomie) : Prise en charge du crédit si vous devenez totalement dépendant et incapable d’exercer toute activité rémunératrice.
Garantie IPT (Invalidité Permanente Totale) : Couverture en cas d’invalidité reconnue supérieure à un certain seuil (généralement 66%).
Garantie ITT (Incapacité Temporaire de Travail) : Prise en charge des mensualités pendant un arrêt de travail, souvent avec une franchise de 90 jours.
Garantie perte d’emploi : Protection optionnelle en cas de licenciement, généralement avec franchise et durée maximale limitée.
Le coût de l’assurance
Le coût varie selon votre âge, votre état de santé, votre profession et les garanties souscrites. Il représente généralement entre 0,10% et 1,20% du capital emprunté par an.
Exemple : Pour un crédit de 15 000€ avec une assurance à 0,30% par an sur 48 mois, le coût mensuel serait d’environ 37,50€, soit 1 800€ sur toute la durée.
La délégation d’assurance
Depuis la loi Lagarde de 2010, vous n’êtes pas obligé de souscrire l’assurance proposée par l’organisme prêteur. Vous pouvez choisir une assurance externe (délégation d’assurance) à condition qu’elle présente un niveau de garantie équivalent.
Comparer les offres d’assurance peut générer des économies substantielles, parfois jusqu’à 50% du coût.
Comment éviter le surendettement ?
Le surendettement touche environ 150 000 nouveaux dossiers chaque année en France selon la Banque de France. Voici les règles prudentielles à respecter :
Calculez votre capacité d’endettement réelle
Au-delà de la règle des 33%, calculez précisément votre reste à vivre mensuel. Déduisez de vos revenus nets :
- Votre loyer ou mensualité de crédit immobilier
- Toutes vos mensualités de crédit en cours
- Vos charges fixes (abonnements, assurances, garde d’enfants, pensions alimentaires versées, impôts mensualisés)
- Une estimation réaliste de vos dépenses courantes incompressibles (alimentation, transport, santé)
Le solde doit vous permettre de vivre confortablement et d’épargner un minimum pour les imprévus. Si votre reste à vivre est inférieur à 400-500€ par personne adulte dans le foyer, le crédit envisagé est probablement trop lourd.
Privilégiez le crédit amortissable au crédit renouvelable
Le crédit renouvelable, par sa souplesse apparente, facilite la dérive budgétaire. Les mensualités variables et l’absence d’échéance fixe de fin de remboursement rendent difficile la maîtrise du coût total. Préférez un prêt personnel classique avec des mensualités fixes et une date de fin clairement définie.
Ne cumulez pas les petits crédits
Multiplier les crédits de faible montant (électroménager, informatique, habillement) crée une complexité de gestion et augmente le risque d’incidents. Trois crédits de 2 000€ à 8% coûteront plus cher qu’un seul crédit de 6 000€ à 5%.
Si vous avez déjà plusieurs crédits, envisagez un rachat de crédits (regroupement) pour simplifier votre gestion et potentiellement réduire vos mensualités.
Constituez une épargne de précaution
Avant de contracter un crédit, assurez-vous de disposer d’une épargne de sécurité équivalente à 2-3 mois de revenus. Cette réserve vous protège en cas d’imprévu (perte d’emploi, grosse réparation, problème de santé) et vous évite de basculer dans l’impossibilité de rembourser.
Anticipez les difficultés de paiement
Si vous prévoyez des difficultés à honorer une échéance, contactez immédiatement votre prêteur AVANT le premier impayé. Les établissements proposent souvent des solutions amiables : report de quelques mensualités, réduction temporaire du montant avec allongement de durée, pause de remboursement.
Ces aménagements sont toujours préférables au défaut de paiement qui entraîne des pénalités de retard (jusqu’à 8% du capital restant dû), un fichage FICP et des procédures de recouvrement.
Le rachat de crédits : une solution de restructuration
Si vous cumulez plusieurs crédits avec des mensualités lourdes, le rachat de crédits (aussi appelé regroupement ou consolidation de dettes) peut être une solution pertinente.
Le principe
Un nouvel établissement financier rachète l’ensemble de vos crédits en cours et vous propose un crédit unique avec une mensualité réduite grâce à un allongement de la durée de remboursement.
Les avantages
Mensualité allégée : La réduction peut atteindre 30% à 60% de vos mensualités actuelles cumulées, améliorant significativement votre trésorerie mensuelle.
Simplification de gestion : Un seul prélèvement mensuel au lieu de multiples échéances à des dates différentes.
Taux potentiellement plus avantageux : Surtout si vos crédits actuels ont des taux élevés (crédits renouvelables notamment).
Assainissement budgétaire : Réduction du taux d’endettement, amélioration du reste à vivre.
Les inconvénients
Coût total généralement plus élevé : L’allongement de durée signifie que vous payez des intérêts sur une période plus longue. Le coût total du crédit peut augmenter substantiellement malgré un taux parfois inférieur.
Indemnités de remboursement anticipé : Le rachat implique le remboursement anticipé de vos crédits actuels, ce qui peut générer des IRA (généralement 0,5% à 1% des capitaux restants dus).
Nouveaux frais : Frais de dossier du nouveau crédit, éventuels frais de garantie.
Quand envisager un rachat de crédits ?
Le rachat de crédits est pertinent si :
- Votre taux d’endettement dépasse 40-45%
- Vous avez des difficultés à boucler vos fins de mois
- Vous souhaitez financer un nouveau projet mais votre endettement actuel ne le permet pas
- Vous avez plusieurs crédits renouvelables à taux élevés
Le rachat est moins pertinent si :
- Il vous reste peu d’échéances sur vos crédits actuels
- Vos crédits actuels ont déjà des taux très bas
- Vous avez la capacité d’effectuer des remboursements anticipés sans rachat
Comment procéder ?
Faites réaliser plusieurs études comparatives gratuites auprès d’organismes spécialisés en rachat de crédits ou de courtiers. Comparez minutieusement :
- Le nouveau taux proposé
- La nouvelle mensualité
- La nouvelle durée totale
- Le coût total du nouveau crédit versus le coût résiduel de vos crédits actuels
- Les frais divers (dossier, IRA, garanties)
Demandez un tableau comparatif détaillé avant/après pour mesurer précisément l’économie réelle ou le surcoût.
Questions fiscales et comptables
Déductibilité des intérêts d’emprunt
Pour les particuliers, les intérêts d’un crédit à la consommation ne sont généralement pas déductibles fiscalement, contrairement aux intérêts d’emprunt immobilier (dans certaines conditions historiques aujourd’hui supprimées pour les nouveaux emprunts).
Exception : Si vous êtes travailleur indépendant et que le crédit finance du matériel professionnel, les intérêts peuvent être déductibles en charges professionnelles. Consultez votre expert-comptable pour optimiser cette déduction.
Crédit et séparation de couple
En cas de divorce ou de séparation, la question du crédit souscrit durant la vie commune se pose. Plusieurs situations :
Crédit au nom d’un seul conjoint : Juridiquement, seul le signataire est débiteur. Cependant, si vous êtes mariés sous le régime de la communauté, le crédit peut avoir engagé le patrimoine commun si le montant était important ou si le bien acheté entre dans la communauté.
Co-emprunt : Les deux co-emprunteurs restent solidairement responsables du remboursement intégral du crédit, indépendamment de leur séparation. La banque peut poursuivre indifféremment l’un ou l’autre pour la totalité.
En cas de séparation conflictuelle, vous pouvez :
- Solder le crédit par anticipation lors du partage
- Demander la désolidarisation à l’établissement prêteur (rarement accordée sauf si l’un des ex-conjoints présente des garanties suffisantes pour assumer seul le crédit)
- Continuer à rembourser conjointement et vous arranger entre vous pour le partage de la charge
Crédit et succession
En cas de décès de l’emprunteur, le capital restant dû entre dans le passif successoral. Les héritiers ont trois options :
Accepter purement et simplement la succession : Ils héritent de l’actif mais aussi du passif, donc du crédit à rembourser. Si le défunt avait souscrit une assurance décès, celle-ci rembourse le capital et les héritiers n’ont rien à payer.
Accepter à concurrence de l’actif net : Les héritiers ne paient les dettes qu’à hauteur de ce qu’ils reçoivent en héritage.
Renoncer à la succession : Les héritiers ne reçoivent rien mais ne paient aucune dette.
L’assurance décès prend ici tout son sens : elle protège vos proches du fardeau financier.
Alternatives au crédit à la consommation
Avant de souscrire un crédit, explorez les alternatives qui peuvent être plus avantageuses :
Utiliser votre épargne disponible
Si vous disposez d’une épargne sur des placements peu rémunérés (Livret A à 2,5%, assurance-vie en fonds euros à 2%), il peut être plus judicieux de l’utiliser plutôt que d’emprunter à 5% ou 7%. Vous économisez la différence de taux.
Conservez toutefois une épargne de précaution minimum (au moins 3 mois de revenus) sur des supports très liquides.
Le prêt familial
Emprunter auprès d’un membre de la famille ou d’un proche peut éviter les intérêts bancaires. Attention cependant à bien formaliser ce prêt par un écrit (reconnaissance de dette) pour éviter les conflits futurs et pour respecter les obligations fiscales.
Au-delà de 5 000€, le prêt doit être déclaré à l’administration fiscale via le formulaire 2062 (déclaration de contrat de prêt). Cette déclaration est gratuite mais obligatoire.
Les aides sociales et prêts aidés
Selon votre situation, vous pouvez être éligible à des dispositifs d’aide :
Le microcrédit personnel : Proposé par des associations comme l’Adie ou des réseaux d’accompagnement social, il permet d’emprunter de 300€ à 8 000€ à des taux très avantageux (généralement 1,5% à 4%) si vous êtes exclu du système bancaire classique.
Le prêt à taux zéro pour travaux : Certaines collectivités locales proposent des prêts à 0% pour des travaux d’amélioration énergétique.
Les aides de la CAF : Prêt d’équipement ménager, prêt à l’amélioration de l’habitat selon votre situation familiale et vos ressources.
Le prêt d’honneur : Pour les entrepreneurs et créateurs d’entreprise, prêt sans intérêt ni garantie personnelle.
L’achat d’occasion
Pour certains achats (véhicule, équipement électronique, mobilier), privilégier l’occasion permet d’éviter le recours au crédit ou de réduire substantiellement le montant emprunté.
L’économie préalable
Reporter votre achat de quelques mois pour économiser et payer comptant vous fait économiser tous les intérêts du crédit. Un achat à 10 000€ financé par un crédit à 6% sur 48 mois coûtera environ 11 300€ au total. En économisant 500€ par mois pendant 20 mois, vous payez comptant et économisez 1 300€.
Cette stratégie nécessite patience et discipline mais est financièrement la plus avantageuse.
Comment comparer efficacement les offres de crédit ?
Utiliser les comparateurs en ligne
Les comparateurs de crédit en ligne permettent d’obtenir rapidement une vision du marché. Ils sont généralement gratuits et sans engagement. Attention cependant : certains comparateurs sont rémunérés par commission sur les crédits souscrits via leur plateforme, ce qui peut biaiser le classement des offres.
Vérifiez toujours que le comparateur affiche le TAEG, seul indicateur permettant une comparaison objective.
Comparer ce qui est comparable
Deux offres ne peuvent être comparées que si elles portent sur le même montant et la même durée. Une offre à 3,5% sur 36 mois n’est pas directement comparable à une offre à 4% sur 48 mois.
Demandez des simulations standardisées : même montant, même durée, pour isoler la variable du taux.
Regarder au-delà du taux
Un taux très attractif peut cacher des frais élevés (frais de dossier de 300€ ou 400€) ou une assurance obligatoire coûteuse. C’est pourquoi le TAEG est essentiel : il intègre tous ces éléments.
Vérifiez également :
- Les conditions de modulation des mensualités
- Les pénalités de remboursement anticipé
- Les modalités de report d’échéance en cas de difficulté
- La qualité du service client (avis en ligne, disponibilité)
Faire jouer la concurrence de votre banque habituelle
Votre banque actuelle, où vous avez vos comptes et éventuellement d’autres produits (épargne, assurances), peut vous consentir un taux préférentiel pour fidéliser sa clientèle. N’hésitez pas à négocier en présentant des offres concurrentes.
Le rôle du courtier en crédit
Un courtier spécialisé en crédit à la consommation peut négocier pour vous auprès de multiples établissements et obtenir des conditions plus avantageuses que celles accessibles directement. Le courtier est rémunéré par une commission versée par l’établissement prêteur, mais cette commission ne doit pas alourdir le coût de votre crédit.
Assurez-vous que le courtier est immatriculé à l’ORIAS (Organisme pour le Registre des Intermédiaires en Assurance, Banque et Finance), gage de professionnalisme et d’obligation de conseil.
La protection des données personnelles
Lors d’une demande de crédit, vous communiquez de nombreuses données personnelles sensibles (revenus, situation familiale, patrimoine, historique bancaire).
Vos droits RGPD
Le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) vous confère plusieurs droits :
Droit d’accès : Vous pouvez demander à l’organisme prêteur quelles données il détient sur vous.
Droit de rectification : Vous pouvez faire corriger des données erronées.
Droit à l’effacement : Après clôture du crédit et expiration des délais légaux de conservation, vous pouvez demander la suppression de vos données.
Droit d’opposition : Vous pouvez refuser que vos données soient utilisées à des fins commerciales (prospection).
Droit à la portabilité : Vous pouvez récupérer vos données dans un format exploitable.
Ces droits s’exercent gratuitement auprès du Délégué à la Protection des Données (DPO) de l’établissement.
Durée de conservation des données
Les données liées à un crédit accordé sont conservées généralement 5 ans après le remboursement complet du crédit, conformément aux recommandations de la CNIL et aux obligations de lutte contre le blanchiment.
Les données d’une demande refusée ou non aboutie sont conservées maximum 1 an.
Sécurité des données
Les établissements financiers ont l’obligation légale de protéger vos données contre les accès non autorisés, les pertes ou les fuites. Ils doivent mettre en œuvre des mesures techniques (cryptage, pare-feu, authentification forte) et organisationnelles (sensibilisation du personnel, audits de sécurité).
En cas de violation de données (fuite, piratage), l’établissement doit vous en informer dans les 72 heures et notifier la CNIL.
Conclusion : emprunter en toute connaissance de cause
Le crédit à la consommation est un outil financier utile lorsqu’il est utilisé avec discernement. Il permet de concrétiser des projets importants sans attendre d’avoir économisé la totalité de la somme nécessaire. Cependant, il représente un coût (les intérêts) et un engagement sur plusieurs années.
Avant de souscrire :
- Évaluez précisément votre besoin et votre capacité de remboursement
- Comparez méthodiquement les offres en vous basant sur le TAEG
- Lisez attentivement toutes les clauses du contrat
- Assurez-vous de comprendre tous les termes et n’hésitez pas à poser des questions
- Envisagez la souscription d’une assurance emprunteur pour vous protéger
- Conservez tous les documents contractuels
Le crédit doit rester un choix délibéré et maîtrisé, jamais une solution par défaut ou une décision impulsive. Votre santé financière future en dépend.
Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager.
Pour toute question ou difficulté liée à un crédit, vous pouvez contacter les services de la Banque de France, les associations de consommateurs (UFC-Que Choisir, CLCV), ou consulter un conseiller en économie sociale et familiale.
Sonnet 4.5